L'oraison

 

Qu'est-ce que l'oraison ?

oraison n'est pas une prière vocale telle que l'Office divin, le chapelet. L'oraison n'est pas non plus la contemplation intellectuelle du théologien ; l'oraison est une prière du cœur dans laquelle les actes d'amour tiennent lieu de mots.

L'oraison est une prière purement mentale dans laquelle, après quelques réflexions nommées « méditations », les actes de la volonté nommés « affections » doivent occuper la plus grande partie du temps.

Il est très utile de savoir faire oraison et de faire oraison, car l'oraison est le dialogue de l'âme avec Dieu le plus profond. Dieu est en elle et c'est en en elle-même que l’âme le rencontre et qu'elle lui parle par le plus intime d'elle-même, son cœur. Elle y atteint un degré très élevé d'union à Dieu et une grande intensité d'amour. L’âme y progresse rapidement dans la perfection commencée par le baptême et qu'accompagne la vie sacramentelle et le combat spirituel contre nos défauts. Dieu, en effet, répond à l'amour de l'âme par un accroissement de vertu et des formes diverses de secours spirituel.

 

Oraisons et méthodes d’oraison

 

Il existe des méthodes d’oraison et des plans-guides de l'oraison. Ces méthodes ne datent pas du XVIe siècle, elles y ont connu un regain d'intérêt. En effet, le «  De Triplici Via » de Saint Bonaventure est une méthode de méditation, d’oraison et il y est traité de la contemplation. Dans la Sainte Église, les choses sont rarement absolument nouvelles et si l'on veut les juger telles, il faut, sous peine d'erreur, se garder de les rejeter pour la seule raison de leur nouveauté.

Tout directeur spirituel saura expliquer à ses dirigés les deux sages principes suivants :

a) - Dans l’oraison, l’âme a toujours droit à la liberté ; la méthode est un instrument.

b) - Une méthode est un guide temporaire, elle ne remplace pas le Saint Esprit qui est le maitre principal des âmes.

Les deux conditions préalables de l'oraison

 

L'efficacité de l’oraison et les délices qu'elle donne à l'âme exige :

1° une fervente vie sacramentelle et

2° un combat spirituel soutenu.

L'oraison dirigée

 

Comprend trois parties :

1°  une préparation

2°  le CORPS de l'oraison au cours duquel se font :

A. - la considération qui est l'exercice de la Mémoire

B. - la réflexion que l'exercice de l'Intelligence

C. - les affections qui sont l’exercice de la Volonté - Cœur.

3° une conclusion.

Plan de l’Oraison

Des actes à faire pendant le temps de chaque partie de l’oraison.

- I -

Au cours de la préparation immédiate, il faut faire des actes :

a) de foi en la présence de Dieu, présent surtout en nous et en présence de Jésus ;

b) d’adoration de la très Sainte Trinité et de Jésus-Christ ;

c) d'humilité, de reconnaissance de notre petitesse et de dépendance, d'aveu de nos multiples péchés ;

d) de confiance dans l'aide du Saint Esprit au cours de notre oraison;

e) de demande d'accomplir la Sainte Volonté de Dieu pour notre oraison ;

f)  de résignation à la permission divine si notre raison est aride.

- II -

Voici les actes à faire au cours de l’oraison proprement dite ou corps de l'oraison

A - L'exercice de la mémoire ou considération consiste:

1° à se souvenir du mystère de Jésus sur lequel on va faire oraison ;

2° à considérer les lieux, gestes circonstances, les actes de Jésus ;

3° à se souvenir des paroles qu'il a prononcées, etc…..

B - L'exercice de l'intelligence ou de la réflexion

Consiste, en procédant par questions mentales, à extraire des paroles, gestes, attitudes de Jésus, toute la richesse, la beauté, la bonté divine et humaine de Jésus :

1° Qu’est-ce que Jésus a dit, a fait ?

2° A qui l’a-t-il dit, fait ?

3° Comment ?

4° Quand ?

5° Pour qui ? Pourquoi ?

Remarque : le but de cette réflexion est de provoquer l'admiration qui contient déjà de l'amour et conduit à l'amour.

C - L'exercice de la volonté des affections

consiste à aimer sans parole par les différents actes d'amour :

1°  acte d'admiration pour Jésus, Dieu-Trinité ;

2°  acte d’adoration de Jésus, de Dieu-Trinité ;

3°  acte de réjouissance de tout ce qu'ils sont ;

4°  acte de louange, félicitation ;

5°  acte de désir de l'action de Dieu en nous, de dégustation de la suavité de Dieu.

6°  acte de regret de tout ce en quoi nous nous sommes soustraits à Dieu ;

7°  acte intérieur de dévouement envers Jésus et Dieu.

Enfin, l'oraison se termine par une conclusion.

- III -

La conclusion de l'oraison

Comprend les actes suivants :

1° Jeter un regard rétrospectif sur la façon dont nous avons fait notre oraison et, selon les cas, s'excuser surtout ou remercier de sa grâce.

Prendre des résolutions pour la journée.

Remarque : la sainteté exige les vertus. Elles en sont de notre part l'élément capital, car l'amour pour Jésus s'exprime par l’imitation des vertus de Jésus.

3° Puis il faut passer à la demande.

Notre-Seigneur veut que nous collaborions au salut des âmes ; nous y collaborons par nos demandes en leur faveur. Jésus veut les exaucer :

a) il faut demander la grâce pour nous ;

b) demander à Jésus de bénir nos intentions : Présentons les grandes intentions générales et collectives en faveur de l'église…..du monde, de notre patrie……etc

Nos intentions particulières et privées…..

Vous pouvez terminer par une prière à Marie notre avocate et un signe de Croix.

 

Par le Père Eugène de Villeurbanne, Ofmcap.

 

Vous pouvez télécharger un memento de l’oraison à imprimer sur une feuille A4 en cliquant sur ce lien  

 


Conseil pour ceux qui s'adonnent à la prière ou à l'oraison mentale.

Il ne faut pas trop s'inquiéter quand on croit qu'on ne fait pas de profit de l'Oraison mentale ; et encore moins ne faut-il pas la quitter pour cela ; autrement ce serait consentir à la tentation du démon, qui ne prétend autre chose que cela, quand il suggère des distractions ; car il arrive bien souvent qu'on retire un grand profit de l'Oraison, quoi qu'on ne le croit pas, quand même il y aurait une notable négligence à la bien faire ; pourvu qu'on demande bien humblement pardon à Dieu de cette faute, il en revient toujours quelque avantage ; à tout le moins qu'on ne deviendra pas plus mauvais, si l'on ne devient pas meilleur ; et cela vient de ce que, pendant l’Oraison, de quelque manière qu'on s'y comporte, quelques distractions qu'on y ait, on y a toujours de bonnes pensées, qui laissent toujours de bonnes impressions dans l'esprit.

Que si l'on peut retirer quelque profit de l’Oraison quand on s'y comporte avec un peu de négligence, quel avantage n'en retireront pas ceux qui sont dans de continuels dégouts, qui y souffrent de grandes sécheresses, et qui font leurs efforts pour chasser les distractions ?

Il y a même plus à profiter en cet état, que si l'on était dans de continuels ravissements, comme il est arrivé à Sainte Thérèse, qui a reçu les plus signalées faveur de Dieu, lorsqu'elle ressentait moins de douceur dans l’Oraison.

Il ne faut pas non plus s'étonner si l'on est attaqué de mauvaises pensées dans le temps de l'Oraison ; c'est à quoi vous devez vous attendre ; car plus vous voudrez être attentif à ce que vous faites, plus aussi le malin esprit vous en remplira l'imagination : « Mon fils, dit le bon esprit, en entrant au service de Dieu, tenez-vous ferme dans la justice, et préparez votre âme à la tentation ».

Mais pourvu que vous fassiez des actes contraires, ce ne sera que pour augmenter votre mérite, et vous rendre plus agréable à Dieu.

Il ne faut pas non plus se troubler quand on ne sait rien dire dans l’Oraison, ni raisonner ; les pauvres qui sont muets ne touchent pas moins les cœurs de ceux auxquels ils demandent l'aumône, que ceux qui ont la langue bien déliée, et qui savent si bien exposer leur nécessité. Quand vous ne sauriez que dire à Dieu :

« Souverain Seigneur, je ne sais pas vous entretenir ; mais souffrez que je demeure en votre présence, et vous tienne compagnie, comme un serviteur demeure auprès de son maître pour apprendre ses volontés, et les exécuter, s'il lui est possible ». Cela suffirait.

 

 

Plus sur l'Oraison