Le chemin de la croix

Selon Saint François

 

 

 

Andrea di Vanni, 14ème

 

 

Prière préparatoire

 

nfants de Saint-François, entrons volontiers avec lui sur la voie douloureuse. Ce que nous allons méditer, il l’a médité, jour et nuit, en versant des larmes brûlantes. O amour, qui nous avez tant aimé, répétait-il, je voudrais tant vous aimer ! Telle est aussi notre prière, et qu'une même dévotion saisisse notre cœur et l’amène, en fin de cet exercice, à une plus sensible ressemblance du vôtre, O Jésus, notre Sauveur crucifié. Mais Jésus nous appelle à le suivre : « Surgite eamus: Debout, partons ». Avec Saint-François, en route pour le calvaire...

 

Avant chaque station

 

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Nous vous adorons ô Jésus, et nous vous bénissons

Quia per Sanctam Crucem tuam redemisti mundum

Par ce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix

 

Après chaque station

 

Miserere nostri, Domine.

Ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Miserere nostri.

Ayez pitié de nous.

 

Fidelium animae, per miserecordiam Dei, requiescant in pace.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.

 

Amen

Ainsi soit-il.

 

Première station

Jésus est condamné à mort

 

Mort humiliante, supplice affreux, Jésus, innocent, l'accepte pour adoucir la mort à laquelle, nous, coupable, sommes justement condamnées. François fait écho au divin modèle. S'il bénit Dieu, pour « notre sœur la mort », c'est qu’il la trouve douce ; n'est-elle pas douce à qui veut mourir pour Jésus et avec Jésus ?

Pater, Ave, Gloria

Deuxième station

Jésus est chargé de sa Croix

 

Le parfait disciple de l'Évangile doit porter sa Croix, c'est-à-dire se renoncer, s'imposer l'effort, la gêne, sacrifier ce qui est contraire au salut, et même parfois ce qui est permis. Saint-François, qui savait bien cette doctrine, voulant exprimer au-dehors ce qu'il pensait au-dedans ou donner à son âme de jeune converti le secours du « sensible », traça la croix sur son habit d’ermite. Portons courageusement celle que Dieu impose à notre vie.

Pater, Ave, Gloria

Troisième station

Jésus tombe pour la première fois

 

Dès les premiers pas, la lourde croix fait trébucher Jésus : il tombe. Les bourreaux le frappent sans pitié. Il se relève et poursuit son chemin.

O Jésus, permettez-nous de penser à François, votre ami. À peine entrait-il dans sa carrière de pénitence, des brigands le jettent dans un trou plein de neige. Il se relève, meurtri, mais il chante la gloire de souffrir et d'être humilié. Que l'humiliation de nos chutes ne nous ôte point le courage. Continuons notre route.

Pater, Ave, Gloria

Quatrième station

Jésus et Marie se rencontrent

 

Par amour pour nous, ils unissent leur incomparable douleur. Ne les séparons pas dans notre amour. Saint-François implorait, dans ses prières, cette double miséricorde. De Jésus, par Marie, il obtint l'indulgence de la Portioncule.

O Jésus, ô Marie, nous prenons en pitié vos cœurs broyés par la douleur. Ayez pitié de nous.

Pater, Ave, Gloria

 

Cinquième station

Jésus est aidé par le Cyrénéen

 

Est-ce bien Simon de Cyrène à qui répugne la Croix ? C'est nous, lâches et orgueilleux. Mais le contact de la Sainte-Croix et la compagnie de la sainte Victime nous donneront force et résignation.

On songe  au secours que Dieu accorda un jour à Saint-François, malade. Un ange vint le réconforter par la plus ravissante des mélodies. Jésus, aidez-nous. Sans vous, nous ne pourrions plus avancer.

Pater, Ave, Gloria

Sixième station

Jésus imprime sa face sur le voile de Véronique

 

Effacer de notre âme les souillures du péché, faire apparaître la divine ressemblance qui nous a été donnée au baptême quand nous sommes devenus enfants de Dieu et frère de Jésus-Christ, voilà notre travail, notre ouvrage constant. Mieux encore que beaucoup d'autres saints, le Séraphique Père s'est efforcé d'imiter le modèle parfait. Dans l'Évangile qu'il entend à la messe, dans l'Évangile qu'il ouvre par trois fois, il trouve sa règle. Il y aura la vie de Jésus. Il nous dit, avec Saint-Paul : « Imitez moi comme j'ai imité le Christ. »

Pater, Ave, Gloria

Septième station

Jésus tombe une seconde fois

 

Quel sujet de réflexion, cette seconde chute ! Inconstants ou assaillis par la violence de la tentation, nous avons de nouveau succombé. Pourquoi ne pas imiter Saint-François qui cherchait et trouvait dans la souffrance la victoire sur la tentation ? Il se roulait sur un buisson d'épines ou s'étendait dans la neige. O Jésus, puissions-nous tous souffrir pour ne plus vous offenser !

Pater, Ave, Gloria

Huitième station

Jésus console les filles de Jérusalem

 

Ne pleurez pas sur moi, pleurez sur vous-même. Quel désintéressement, quelle charité ! C'est vers nous, les pêcheurs, que doit aller notre compassion. Et pourtant, Saint-François n'avait-il pas le droit d'être inconsolable ? « Laissez moi pleurer la passion de mon sauveur ! » Disait-il et : « Qu’importe ?» si on lui remontrait  que tant de larmes compromettaient sa vue. Puissions-nous chercher moins les consolations humaines ! Pleurons sur Jésus et sur les pauvres âmes : sur Jésus qui va mourir, sur les âmes qui vont en enfer.

Pater, Ave, Gloria

Neuvième station

Jésus tombe une troisième fois

 

Vous tombez encore et vous vous relevez, ô Jésus, parce que nous tombons sans fin, et pour nous apprendre à nous relever toujours, avec confiance, vers votre cœur miséricordieux. Saint-François avait compris cette leçon, lui qui écrivait à un supérieur : « Si un frère, aussi coupable qu'il puisse être, vient vous trouver, qu'il ne s'éloigne jamais de vous sans un mot de miséricorde. Et s'il n'implore point sa grâce, allez vous-même lui demander s'il ne voudrait pas l'accepter, et, quand même il reviendrait mille fois à vous, aimez-le plus que moi pour l'attirer au Seigneur, et ayez toujours pitié de lui ».

Pater, Ave, Gloria

Dixième station

Jésus est dépouillé de ses vêtements

 

S'il veut mourir dans l'extrême pauvreté et le total dénuement, c'est pour marquer combien nous devons être détachés de ce qui nous tient le plus à cœur, ce renoncement dût-il nous martyriser. Ainsi pense Jésus, ainsi pensera Saint-François. Au début de sa conversion, il rend tout à son père Bernadone, même ses vêtements, pour dire avec plus de liberté : Notre-Père qui êtes aux cieux. À la fin de sa vie, il exige d'être dépouillé et couché sur la terre nue. Quels grands exemples !

Pater, Ave, Gloria

Onzième station

Jésus est cloué sur la Croix

 

Plus que la cruauté des bourreaux, l'amour de Jésus pour nous le fixe à la Croix. L'amour de François pour Jésus atteint, sur l’Alverne, les stigmates de la passion. Pour répondre à l'amour de Jésus, pour imiter l'amour de Saint-François, les tertiaires au jour de leur profession, promettent fidélité ; les religieux font trois vœux crucifiant de pauvreté, chasteté et obéissance. Ainsi nous sommes tous sur la Croix avec Jésus.

Pater, Ave, Gloria

 

Douzième station

Jésus meurt sur la Croix

 

Le Christ agonisant crie l'angoisse : « Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? ». Il crie aussi la confiance : « Entre vos mains, je remets mon esprit ». Il crie le pardon pour les bourreaux, pour le larron repentant. Il crie son obéissance au Père, dont il a accompli, jusqu'à la consommation, les divines volontés. Saint-François, mourant, crie aussi à Dieu son désir de mourir et d'entrer au ciel. Avec lui, murmurons à Jésus : « Que je meure dans votre amour, ô amour qui m'avez tant aimé ! »

Pater, Ave, Gloria

Treizième station

Jésus est rendu à sa Mère

 

Notre-Dame de Pitié reçoit sur ses genoux le corps inanimé de Jésus. En le contemplant, elle demande à Dieu miséricorde pour nos pauvres âmes, par les mérites d'une telle victime. Elle sourit à travers ses larmes, car elle songe que la mort de son Fils est notre vie. Ce fut aussi un mélange de tristesse et de consolation pour sainte Claire et pour le peuple d’Assise, lorsque le corps de Saint-François, porté au tombeau, apparut stigmatisé. N'oublions jamais que par la Croix et la mortification, nous vivrons de cette vie de la grâce qui devient au ciel la vie de la gloire.

Pater, Ave, Gloria

Quatorzième station

Jésus est mis au tombeau

 

« Son sépulcre sera glorieux », avait prophétisé Isaïe, parlant du Messie. De fait, le tombeau de Jésus n'est plus la demeure d'un mort ; c'est, sous la poussée divine qui a renversé la pierre, le trône de celui qui vit éternellement. À sa gloire, Jésus associe les élus, et surtout les saints qui l'ont le plus aimé. Saint-François, par humilité, avait voulu être enterré sur la colline d'Enfer, sépulture honteuse des suppliciés d'Assise ; à peine y est-il déposé, que le pape Grégoire IX la nomme colline du Paradis, et, depuis sept siècles, les foules y affluent. Le maître avait dit vrai : « la gloire que vous m'avez donnée, ô Père, je l'ai donnée à mes fidèles disciples. »

Pater, Ave, Gloria

Prière finale

 

O Jésus, c’est de vos souffrances et de votre mort que je tiens la grâce – comme de tout bien surnaturel – de mon appel et de mon entrée au Tiers-Ordre. Par vos souffrances et par votre mort, je vous prie, ô Maître, que je pratique exactement ma Règle, que je m'inspire des exemples et des enseignements de mon Séraphique Père et que je porte, moi aussi, vos sacrées stigmates dans mon corps, par la pénitence d'une vie toute chrétienne, dans mon âme par la compassion et par l'amour que je vous dois, ô Maître, ô Jésus crucifié.

 

Manuel du tertiaire Franciscain

Couvent Saint François, 69910 Morgon

 

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